Séquence nostalgie : le Paris des années 90, mes années fac

Paris sera toujours Paris ! Ville lumière, ville de l’Art, de la beauté, de l’élégance, de l’amour pour les touristes ! Ville de mes 5 années de fac pour moi ! Flash-back et tranches de vie des années 90 à Paris.

J’ai vécu mon enfance dans un village de Seine-et-Marne. Attention, l’est de la Seine-et-Marne, là où la région parisienne n’a rien à voir avec la région parisienne. Là où les RER ne vont pas, là où se trouvent les dernières stations des ligne des trains de « banlieue ». Là où les travailleurs parisiens peu fortunés louent ou achètent bravant 4h de transports en commun par jour, et là où les parisiens plus fortunés ont parfois une maison secondaire ; une maison de campagne à la campagne quoi.

placevillage
Pour vous donner une idée, la place du village

Pendant les 18 premières années de ma vie, j’ai dû me rendre une quinzaine de fois à Paris. Quelques visites relativement classiques avec mes parents (le Louvre, tour Eiffel, bateau-mouche), quelques rares restos. Je me rappelle également une visite au centre Pompidou pour le musée d’art contemporain en terminale avec la prof d’histoire.

Ainsi Paris a-t-elle été pour moi à la fois loin et proche. Loin car j’ignorais tout de la façon dont on pouvait y vivre ; loin car il fallait 1h30 de train pour rejoindre la gare de l’Est ce qui rendait toute visite sur une journée difficile ; loin car je ne connaissais pas grand chose de cette ville. Mais si proche en réalité, 50km à vol d’oiseau.

Habiter à Paris, la classe ! 

Une fois le bac en poche, direction la fac. Tous les lycées de région parisienne étaient sectorisés et selon chaque secteur et matière choisie, les étudiants se retrouvaient dans telle ou telle fac. Je me suis retrouvé à la Sorbonne-Nouvelle dans le 5ème, à côté du quartier Mouffetard. J’ai eu la « chance » d’être relativement loin de Paris, suffisamment en tout cas que mes parents acceptent de me prendre un studio à Paris même ! Et là, y a pas à dire, habiter à Paris, c’est la classe !

Me voici donc installé au beau milieu des années 90 dans un studio de 15 m² dans le 12ème. L’indépendance totale dans la plus belle ville du monde, le rêve !

Paris dans les années 90

Paris dans les années 90, c’était la voiture partout. Il n’y avait pas encore de pistes cyclables, pas de vélib’, pas de tramway. Une ville saturée de 205, Twingo, BX, ZX, AX, 306, Golf, R19 et compagnie.

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Le périph’ dans les années 90 : Twingo, 306, 205, Golf, R19, ZX, 104, 106… Vous en reconnaissez d’autres ?

Parfois dînant le soir devant Nulle Part Ailleurs dans mon lit en mezzanine (une pizza ou des pâtes probablement!), souvent bercé par l’émission de radio « Maurice c’est la nuit » avant de m’endormir, la musique tournait en permanence dans mon 15 m². C’était les années Nirvana, The Offspring, Green Day. Même Metallica passait à la radio !

Pigalle était un de mes quartiers préférés et un des quartiers à la mode. Et pour cause ! Entre le fameux Gibus, qui tentait de surfer sur la mode punk/grunge/metal du moment pour se relancer après le faste des années punk, la Loco (boîte rock selon les soirées), l’Elysée Montmartre (fermée de 2001 à 2016 suite à un incendie) qui programmait surtout du rock et du metal et le bar le Ministry, délicieusement parodique tant la déco était dans le trip metal/gore, il y avait tout dans le quartier, sans parler des établissements plus « hot », pour que ce soit un des quartiers les plus vivants la nuit. En tout cas, c’était une partie de mon univers dans lequel je traînais volontiers entre concerts et soirées entre potes. Un quartier où se croisaient touristes allemands attendant l’ouverture du Moulin rouge (reconnaissables aux chaussettes sous leurs sandales!), petites frappes (dealers, voleurs à la tire, vendeurs à la sauvette), pervers de tous genres à la recherche de sensations fortes dans les sex-shops et bars coquins ainsi que de jeunes parisiens se rendant à un concert ou rejoignant leurs potes dans un bar sympa.

Premier portable !

Armé de mon OLA, je passais mes premiers coups de fil avec un portable. Finis les rendez-vous manqués, les attentes d’un rappel amoureux près du téléphone mural !

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Quand les portables ne servaient qu’à appeler…

-Balors ?? T’es où, j’attends place Saint-André-des-arts comme prévu ?!

-Problème sur la ligne 4, t’inquiète j’arrive ! Va t’installer à la Taverne de Cluny, je te rejoins !

Je rentrais alors l’antenne de l’engin, le glissais dans ma poche et me rendais à la dite Taverne de Cluny où nous aimions boire un coup pour commencer la soirée. Il y avait un vieux guitariste usé qui jouait tous les jours les mêmes reprises, ça nous amusait.

Le quartier latin était à l’époque bien différent de celui d’aujourd’hui. Les charmantes petites ruelles aujourd’hui emplies de restos soit disant savoyards attrape-touristes (comme la rue de la Harpe) faisaient partie de nos rues préférées.

A partir de la licence j’étais dans une annexe de la Sorbonne dans une petite rue perpendiculaire au boulevard St-Michel. Amphi en bois, bibliothèque où il fallait encore chercher dans des tiroirs plein de fiches cartonnées pour trouver un livre.

Après les cours, je remontais souvent la rue des écoles, traînant un peu dans les toutes nouvelles boutiques de revente de CD. Avec l’apparition des graveurs de CD (qui coûtaient un bras à ce moment-là!), des commerçants avaient senti la bonne affaire ; les petits malins gravaient les CD neufs puis les revendaient rapidement dans ces boutiques, perdant ainsi peu d’argent (surtout que la plupart gravaient pour les copains à 50F la copie, c’était un sacré business!). Les jeunes comme moi qui ne voulaient pas forcément payer 150F pour un CD (déjà qu’il fallait se racheter tous les albums qu’on avait en cassette audio), profitaient de l’aubaine : trouver des Cd comme neufs à 80F, le top. Une fois rentré, je pourrais copier mes morceaux préférés pour me faire une compil à écouter sur mon walkman. Yes !

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En continuant sur la rue des écoles, j’arrivais à Maubert-Mutualité et là je coupais pour revenir vers St-Michel. J’aimais donner rendez-vous sur la petite place Saint-André-des-arts, proche de la foule du boulevard St-Michel mais un peu à l’écart, pratique pour attendre les copains. Alors peut-être irions-nous manger un hamburger à Hollywood Canteen ou un grec avant d’aller boire un dernier verre au Who’s Bar où un groupe sympa nous jouerait ces reprises rock….

Et puis un jour, comme toute bonne chose à une fin, les études se terminent. Le hasard des concours m’a mené vers d’autres régions, d’autres villes ; j’ai quitté Paris.

Aujourd’hui, j’y reviens 2 à 3 fois par an à Paris. J’arpente fièrement le métro, connaissant les directions et les lignes encore sur le bout des doigts. Je découvre avec mes enfants des endroits où je n’avais jamais mis les pieds. Je redeviens un toursite dans cette ville que je connais si bien. Un touriste pas comme les autres. Un touriste qui voit toujours Paris avec ses yeux de 20 ans. 

 

 

 

 

 

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